Quiz Maréchal Ney
Voici un petit quiz assez facile concernant le Maréchal Ney.Pour vérifier vos connaissances aquises grâce au blog.
Bonne chance.
Rédigé le 28/02/2006 à 21:53 dans Quiz | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Les français sont maintenant réfugiés derrière la Dniepr. Mais est-ce que ce fleuve apportera une protection suffisante aux débris du troisième corps d’Armée ? Cette protection semble bien précaire. Personne ne connaît exactement les positions des troupes ennemies, et encore moins celle du reste de l’armée française.
Le comte de Ségur continue son récit …
Une autre armée ennemie
"
On s'avançait au hasard et avec incertitude, lorsque l'un d'eux, en tombant, reconnut une route frayée. Elle ne l'était que trop, car ceux qui étaient en tête, se baissant, et ajoutant à leurs regards leurs mains, s'arrêtèrent effrayés, s'écriant "qu'ils voyaient des traces toutes fraîches d'une grande quantité de canons et de chevaux". Ils n'avaient donc évité une armée ennemie que pour tomber au milieu d'une autre ; lorsqu'à peine ils peuvent marcher, il faudra donc encore combattre! La guerre est donc partout! Mais Ney les poussa en avant, et, sans s'émouvoir, il se livra à ces traces menaçantes.
"
L’oasis Gusinoe
"
Elles le conduisirent à un village, celui de Gusinoe, où ils entrèrent brusquement; tout y fut saisi : on y trouva tout ce qui manquait depuis Moscou, habitants, vivres, repos, demeures chaudes, et une centaine de Cosaques, qui se réveillèrent prisonniers. Leurs rapports et la nécessité de se refaire pour continuer, y arrêtèrent Ney quelques instants.
"
Et voilà Platof et ses cosaques
"
Vers dix heures, on avait atteint deux autres villages et l'on s'y reposait, quand soudain 1'on vit les forêts environnantes se remplir de mouvements. Pendant qu'on s'appelle, qu'on regarde, et qu'on se concentre dans celui de ces deux hameaux qui était le plus près du Borysthène, des milliers de Cosaques sortent d'entre tous les arbres et entourent la malheureuse troupe de leurs lances et de leurs canons.
"
Un peu de contenance suffit
"
C'était Platof et toutes ses hordes, qui suivaient la rive droite du Dniepr. Ils pouvaient brûler ce village, mettre la faiblesse de Ney à découvert et l'achever : mais ils sont restés trois heures immobiles, sans même tirer; on ignore pourquoi. Ils ont dit qu'ils n'avaient point eu d'ordre; qu'en ce moment leur chef était hors d'état d'en donner, et qu'en Russie l’on n'ose rien prendre sur soi, La contenance de Ney, les contint. Lui et quelques soldats suffirent; il ordonna même au reste des siens de continuer leurs repas jusqu'a la nuit.
"
On décampe en silence
"
Alors il a fait circuler l'ordre de décamper sans bruit, de s'avertir mutuellement et à voix basse, et de marcher serrés. Puis, tous ensemble se sont mis en mouvement ; mais leur premier pas a été comme un signal pour l'ennemi: toutes ses pièces ont fait feu, tons ses escadrons se sont ébranlés à la fois.
"
Les Cosaques s’ébranlent
"
A ce bruit, les traîneurs désarmés, encore au nombre de trois ou quatre mille, prirent l'épouvante. Ce troupeau d'hommes errait çà et là; leur foule flottait égarée, incertaine, se ruant dans les rangs des soldats, qui les repoussait. Ney sût les maintenir entre lui et les Russes, dont ces hommes inutiles absorbèrent les feux. Ainsi, les plus découragés servirent à préserver les plus braves.
"
Entre les traîneurs et la Dniepr
"
En même temps que sur son flanc droit le maréchal se fit un rempart de ces malheureux, il a regagné les bords de Dniepr, dont il couvre son flanc gauche, et il marche entre deux, s'avançant ainsi de bois en bois, de plis de terrain en plus de terrain, profitant de toutes les sinuosités, des moindres accidents du sol. Mais, souvent il est oblige de s'éloigner du fleuve, alors Platof l'environne de toutes parts.
"
2 jours harcelés par les cosaques
"
C'est ainsi que, pendant deux jours et vingt lieues, six mille Cosaques ont voltigé sans cesse sur les flancs de leur colonne, réduite à quinze cents hommes armés, la tenant comme assiégée, disparaissant devant ses sorties pour reparaître aussitôt, comme les Scythes, leurs ancêtres; mais avec cette funeste différence, qu'ils maniaient leurs canons montés sur des traîneaux, et lançaient en fuyant leurs boulets, avec la même agilité que jadis leurs pères maniaient leurs arcs et lançaient leurs flèches.
La nuit apporta quelque soulagement, et d'abord on s'enfonça dans les ténèbres avec quelque joie; mais alors, si l'on s'arrêtait un instant aux derniers adieux de ceux qui tombaient faibles ou blessés, on perdait la trace les uns des autres. II y eut là beaucoup de cruels moments, bien des instants de désespoir; cependant l'ennemi lâcha prise.
"
Au coin du bois
"
La malheureuse colonne, plus tranquille, s'avançait comme à tâtons, dans un bois épais, quand tout à-coup, il quelques pas devant elle, une vive lueur et plusieurs coups de canon éclatent dans la figure des hommes du premier rang. Saisis de frayeur, ils croient que c'en est fait, qu'ils sont coupés, que voilà leur terme, et ils tombent terrifiés; le reste, derrière eux, se mêle et se culbute.
"
Une phrase et tout change
"
Ney, qui voit tout perdu, se précipite; il fait battre la charge, et comme s'il eut prévu cette attaque, il s'écrie : "Compagnons, voila l'instant, en avant! ils sont à nous !". A ces paroles, ses soldats consternés et qui se croyaient surpris, croient surprendre; de vaincus qu'ils étaient, ils se relèvent vainqueurs; ils courent sur l'ennemi, qu'ils ne trouvent déjà plus, et dont ils entendent, au travers des forêts, la fuite précipitée.
"
Par un revirement que l’on ne doit qu’au culot du Maréchal Ney, Les cosaques de Platof sont maintenant en fuite.
Le troisème corps d’Armée est-il débarrassé de ses ennemis ? Peut–il se consacrer maintenant à rejoindre les autres corps ?
La suite et fin, au prochain épisode (7/7), intitulé "Epilogue"
Rédigé le 28/02/2006 à 12:54 dans Feuilletons | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
Le prochain épisode (6/7) du "Miracle de Krasnoïé" intitulé "L'autre rive", paraîtra demain Mardi 28 Février 2006 à la mi-journée.
Après un épisode 4 d'action hollywoodienne, un épisode 5 consacré à l'impact d'un seul homme, l'épisode 6 sera un intense harcèlement psychologique.
Mais hélas, je ne peux en dire plus sans gâcher une partie du suspens. La saga touche à sa fin, ne manquez pas l'avant dernier épisode de votre feuilleton favori.
Rendez vous donc demain.
Rédigé le 27/02/2006 à 13:19 dans A venir | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
Chers lecteurs, je ferai paraître dorénavant les statistiques de fréquentation de ce blog. En espérant avoir de bonnes nouvelles à apporter.
Voici donc les statistiques de la semaine précédente, du 19 au 25 Février 2006. Une très bonne semaine avec 142 visites. Un problème chez l'hébergeur noos, a fait chuter les chiffres entre Mercredi et vendredi en fin de journée. Je m'en suis inquiété à ce moment là, mais depuis vendredi soir, les statistiques remontent en flèche. Un grand merci à tous pour votre soutien. Le nombre de visiteurs fidèles augmente sans cesse, et cela est de très bon augure.
Le Maréchal Ney est flatté.
| Jour | Pages chargées | Nombre de Visiteurs | Nouveaux visiteurs | Visiteurs déjà venus |
| Dimanche | 33 | 6 | 5 | 1 |
| Lundi | 133 | 29 | 26 | 3 |
| Mardi | 116 | 31 | 23 | 8 |
| Mercredi | 87 | 18 | 9 | 9 |
| Jeudi | 51 | 13 | 6 | 7 |
| Vendredi | 66 | 21 | 11 | 10 |
| Samedi | 73 | 24 | 19 | 5 |
Rédigé le 26/02/2006 à 21:02 dans Statistiques | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Messieurs, Mesdames,
Suite à une demande de précision d'un lecteur, je vais préciser la notion de Provinces Illyriennes. En effet, lors de la campagne de Russie racontée par le Comte de Ségur (cf: le feuilleton, Le miracle de Krasnoïé), le terme d'Illyriens est utilisé, et a pu surprendre certains d'entre vous.
Les provinces illyriennes furent fondées en 1809 lorsque l'Empire d'autriche, à la suite de la bataille de Wagram et du Traité de Schönbrunn, céda la Carinthie, la Carniole, la Croatie au Sud-Est de la Save, Gorizia et Trieste à la France.
Ces territoires furent fusionnés dans les provinces illyriennes. Leur capitale fut placée à Ljubljana (de nos jour capitale de Slovénie). Le territoire de la République de Raguse, annexée par la France en1808, et la Dalmatie, française depuis 1805, furent également intégrés dans les provinces illyriennes.
A partir du découpage en intendances de 1811, on y trouve les provinces suivantes :
La Dalmatie (ville de Zara) et l'Istrie ( ville de Trieste), avec la Croatie (civile et militaire), le Carniole, la république de Raguse et la Carinthie.
Ces provinces furent envahies par l'Autriche en 1813, pendant que la France était engluée dans la campagne d'Allemagne.
Elles correspondraient schématiquement aujourd'hui à des parties de l'Italie, la Slovénie, la Croatie et l'Autriche.
Certaines de ses provinces étaient des dotations de célèbres maréchaux :
Un grand merci aux experts du forum Napoleon1er pour leur aide.
http://www.napoleon1er.org/forum/viewtopic.php?p=158667#158667
ci-dessous la carte d'époque, telle que présentée par le duc de Raguse dans ses mémoires.
Rédigé le 25/02/2006 à 11:12 dans Anecdotes | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Sur 5000 combattants français, il n'en reste plus que 3000. La tentative de coup de force entreprise par le Maréchal Ney, a échoué devant la multitude des soldats russes. La situation est plus désespérée que jamais. Difficile d'entrevoir une heureuse issue. Le comte de Ségur poursuit son récit ...
L’impensable décision de Ney
"La nuit commençait à confondre les objets ; l’hiver, en cela seulement favorable à notre retraite, l'amenait alors promptement Ney l'avait attendue, mais il ne profite de ce sursis que pour donner l'ordre aux siens de retourner vers Smolensk.
Tous disent qu'à ces mots ils sont demeurés glacés d'étonnement. Son aide de camp lui-même n'en a pu croire ses oreilles; il est resté muet, ne comprenant pas, et fixant son chef d'un air interdit. Mais le maréchal a répété le même ordre; à son accent bref et impérieux, ils ont reconnu une résolution prise, une ressource trouvée, cette confiance en soi qui en inspire aux autres, et, quelque forte que soit sa position, un esprit qui la domine. Alors ils ont obéi, et, sans hésiter, ils ont tourné le dos à leur armée, à Napoléon, à la France! Ils sont rentrés dans cette funeste Russie,. Leur marche rétrograde a duré une heure; ils ont revu le champ de bataille marque par les restes de l’armée d'Italie : la, ils se sont arrêtés, et leur maréchal, resté seul a l'arrière - garde, les a rejoints."
Le ruisseau guide
"Ils suivaient des yeux tous ses mouvements. Qu'allait-il faire ? Et, quel que soit son dessein, où dirigera-t-il ses pas, sans guide, dans un pays inconnu? Mais lui, avec cet instinct guerrier, s’est arrêté au bord d'un ravin assez considérable pour qu'un ruisseau en fût marquer le fond. Il en fait écarter la neige et briser la glace: alors, consultant son cours, il s'écrie « que c'est un affluent du Dniepr que voila notre guide qu'il faut le suivre! qu'il va nous mener au fleuve, et nous le franchirons ! notre salut est sur son autre rive! ». Il marche aussitôt dans cette direction. "
La feinte du faux campement
"Toutefois, à peu de distance du grand chemin qu'il vient d'abandonner, il s'arrête encore dans un village. Son nom, ils l'ignorent: ils croient que ce fut Fomina, ou plutôt Danikowa; là, il a rallié ses troupes et fait allumer des feux comme pour s'y établir. Des Cosaques qui le suivaient l'en out cru sur parole, et sans doute qu'ils ont envoyé avertir Kutusof du lieu où, le, lendemain, un maréchal français lui rendrait ses armes, car bientôt leur canon s'est fait entendre.
Ney a écouté : « Est-ce enfin Davout, s’est-il écrié, qui se souvient de moi ! » et il écoute encore. Mais des intervalles égaux séparaient les coups; était une salve. Alors, persuadé que dans le camp des Russes on triomphe d'avance de sa captivité, il jure de faire mentir leur joie, et se remet en marche. "
Le paysan boiteux
"En même temps, ses Polonais fouillaient tout le pays. Un paysan boiteux fut le seul habitant
qu'ils purent découvrir ; ce fut un bonheur inespéré. II annonça que la Dniepr n'était qu'à une lieue, mais qu'il n'était point guéable et ne devait pas être gelé. « II le sera ! » répond le maréchal; et sur ce qu'on lui objectait le dégel qui commençait, il ajouta « qu'il n'importait, qu'on passerait, parce qu n'y avait que cette ressource. »"
La Dniepr gelée ?
"Enfin, vers huit heures, on traversa un village, le ravin finit, et le mougique boiteux, qui marchait en tête, s'arrêta en montrant le fleuve. Ils supposent que ce fut entre Syrokorénie et Gusinoé. Ney et les premiers qui le suivaient accoururent. Le fleuve était pris, il portait: le cours des glaçons que jusque là il charriait, contrarié par un brusque contour de ses rives, s'était suspendu; l'hiver avait achevé de le glacer, et c'était sur ce point seulement; au-dessus et au-dessous, sa surface était mobile encore. "
Un officier se dévoue
"Cette observation fit succéder au premier mouvement de bonheur, de l'inquiétude. Le fleuve ennemi pouvait n'offrir qu'une perfide apparence. Un officier se dévoua : on le vit arriver difficilement a l'autre bord. Il revint annoncer que les hommes, et peut-être quelques chevaux, passeraient, qu'il faudrait abandonner le reste, et se presser, la glace commençant à se dissoudre par le dégel. "
3 heures de ralliement
"Mais dans ce mouvement nocturne, silencieux, à travers champs, d'une colonne composée d'hommes affaiblis, de blessés et de femmes avec leurs enfants, on n'avait pu marcher assez serré pour ne pas se distendre, se désunir, et perdre dans obscurité la trace les uns des autres. Ney s'aperçut qu'il n'avait avec lui qu'une partie des siens: néanmoins, il pouvait toujours passer l'obstacle, assurer par là son salut, et attendre à l'autre rive. L'idée ne lui en vint pas; quelqu'un l'eût pour lui, il la repoussa. II donna trois heures au ralliement; et, sans se laisser agiter par l'impatience et le péril de l'attente, on le vit s'envelopper dans son manteau, et ces trois heures si dangereuses, les passer à dormir profondément sur le bord du fleuve: tant il avait ce tempérament des grands hommes, une âme forte dans un corps robuste, et cette santé vigoureuse, sans laquelle il n'y a guère de héros. "
Le passage commence
"Enfin, vers minuit, le passage a commencé; mais les premiers qui s'éloignent du bard avertissent que la glace plie sous eux, qu'elle s'enfonce, qu'ils marchent dans l'eau jusqu'aux genoux; et bientôt on entend ce frêle appui se fendre avec des craquements effroyables qui se prolongent au, loin comme dans une débâcle. Tous s'arrêtent consternés. "
Un à un
"Ney ordonne de ne passer qu'un à un, et l'on s'avance avec précaution, ne sachant quelquefois, dans l'obscurité, si l'on va poser le pied sur les glaçons on dans quelque intervalle; car il y eut des endroits où il fallut franchir de larges crevasses, et sauter d'une glace à l'autre, au risque de tomber entre deux et de disparaître pour jamais. Les premiers hésitèrent, mais on leur cria par derrière de se hâter. "
Un escarpement
"Lorsque enfin, après plusieurs de ces cruelles douleurs, on atteignit l'autre bord et qu'on se crut sauvé, un escarpement à-pic, tout couvert de verglas, s'opposa à ce qu'on prît terre. Beaucoup furent rejetés sur la glace, qu'ils brisèrent en tombant, ou dont ils furent brisés. A les entendre, ce fleuve et cette rive russes semblaient ne s'être prêtés qu'à regret, par surprise, et comme forcément à leur salut. "
L’abandon des bagages
"Mais ce qu'ils redisaient avec horreur, c'était le trouble et l'égarement des femmes et des malades, quand il fallut abandonner dans les bagages les restes de leur fortune, leurs vivres, enfin toutes leurs ressources contre le présent et l'avenir: ils les ont vus se pillant eux-mêmes, choisir, rejeter, reprendre, et tomber d'épuisement et de douleur sur la rive glacée du fleuve; ils frémissaient encore au souvenir du cruel spectacle de tant d'hommes épars sur cet abîme, du retentissement continuel des chutes, des cris de ceux qui s'enfonçaient, et surtout des pleurs et du désespoir des blessés qui, de leurs chariots, qu'on n'osait risquer sur ce frêle appui, tendaient les mains à leurs compagnons, en les suppliant de ne pas les abandonner. "
Ney tente de sauver les blessés
"Leur chef voulut alors tenter le passage de quelques voitures chargées de ces malheureux; mais, au milieu du fleuve, la glace s'affaissa et s'entrouvrit. On entendit de l'autre bord sortir du gouffre, d'abord des cris d'angoisse déchirants et prolongés, puis des gémissements entrecoupés et affaiblis, puis un affreux silence. Tout avait disparu. "
Il faut sauver le soldat Briqueville
"Ney fixait l'abîme d'un regard consterné, quand, au travers des ombres , il crut voir un objet remuer encore; c'était un de ces infortunés, un officier, nommé Briqueville, qu'une profonde blessure à l'aine empêchait de se redresser. Un plateau de glace l'avait soulevé. Bientôt on l'aperçut distinctement, qui, de glaçons en glaçons, se traînait sur les genoux et sur les mains et se rapprochait. Ney lui-même le recueillit et le sauva. "
Plus que 3000
"Depuis la veille, quatre mille traîneurs et trois mille soldats étaient ou morts ou égarés ; les canons et tous les bagages perdus ; à peine restait-il à Ney trois mille combattants et autant d'hommes débandés. Enfin, quand tous ces sacrifices ont été consommés, et tout ce qui avait pu passer réuni, ils ont marché, et le fleuve dompté est devenu leur allié et leur guide. "
Un premier miracle a eu lieu : les français sont maintenant réfugiés derrière la Dniepr.
Ce fleuve leur offre maintenant une légère protection, non sans les avoir privé auparavant de toute leur artillerie et de leurs bagages.
Mais le troisième corps d’Armée est plus rachitique que jamais.
Napoléon, Davout, et le reste de l'armée française sont-ils à proximité ?
La suite au prochain épisode (6/7), intitulé "L'autre rive"
Rédigé le 24/02/2006 à 13:10 dans Feuilletons | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
L'épisode 5/7 du "Miracle de Krasnoïé" intitulé "La grande évasion" est programmé pour demain vendredi 24 février à la mi-journée.
J'attire tout particulièrement votre attention sur cet épisode, comme je l'avais d'ailleurs déjà fait au sujet du précédent.
Cet épisode est l'apothéose du miracle, dont nous parlons. En quelques heures, en quelques décisions, la réputation du Maréchal Ney se forgera à tout jamais. Il ne s’agit plus ici d'un combat, même inégal, comme c'était le cas de l'épisode précédent; mais il s'agit d'une lutte pour la survie, pour l'honneur d'une poignée d'hommes poussés dans leur plus sublimes retranchements.
Vous serez, j'en prends le pari, impressionnés par le mélange d'humanité, de sang-froid, et surtout par la confiance irraisonnée du Maréchal Ney.
Quand la trempe d'un seul homme conditionne, et sauve la vie, de milliers d'autres...
Alors, rendez vous demain pour ce grand moment qui égaiera, je l'espère, votre week-end.
Rédigé le 23/02/2006 à 13:17 dans A venir | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Le parlementaire russe propose à Ney de venir constater l'ampleur de l'armée ennemie. Kutusof espère ainsi éviter de faire couler inutilement du sang pour une issue courue d'avance. La proposition est enrobée de politesse, de respect et même de flatterie. Comment va réagir la Maréchal Ney face à cette offre de la dernière chance.
La parole est à notre témoin favori, le comte de Ségur ...
La décision de l'homme de feu
«
Le Russe n'avait point achevé que tout à-coup quarante décharges de mitraille, partant de la droite de son armée, viennent, en déchirant l'air et nos rangs, l'interdire et lui couper la parole. En même temps, un officier français s'élance sur lui comme sur un traître, pour le tuer, et tout à la fois Ney, qui retient ce transport, se livrant au sien, lui crie: « Un maréchal ne se rend point, on ne parlemente pas sous le feu; vous êtes mon prisonnier !». Et le malheureux officier désarmé est resté exposé aux coups des siens. Il n' a été relâché que deux jours après, par insouciance ou justice, et surtout par fatigue de le garder.
En même temps, l'ennemi redouble ses feux, et ils disent qu'alors toutes ces collines, il n'y a qu'un instant, froides et silencieuses, sont devenues des volcans en éruption, mais que Ney s'en est exalté; puis, s'enthousiasmant chaque fois que le nom de leur maréchal revient dans leurs discours, ils ajoutent qu'au milieu de tous ces feux, cet homme de feu semblait être dans l'élément qui lui était propre.
»
Les forces en présence
«
Kutusof ne l'a point trompé. On voit, d'un coté, quatre-vingt mille hommes, des rangs entiers, pleins, profonds, bien nourris, des lignes redoublées, de nombreux escadrons, une artillerie immense sur une position formidable, enfin tout, et la fortune, qui a elle seule tient lieu de tout. De l'autre coté, cinq mille soldats, une colonne traînante, morcelée, une marche incertaine, languissante, des armes incomplètes, sales, la plupart muettes et chancelantes dans des mains affaiblies.
»
Tous dignes du grand homme
«
Et cependant le général français n'a songé ni à se rendre, ni même à mourir, mais à percer, à se faire jour, et ça sans penser qu'il tente un effort sublime. Seul, et ne s'appuyant sur rien, quand tout s'appuyait sur lui, il a suivi l'impulsion de sa nature forte, et cet orgueil d'un vainqueur, à qui l'habitude des succès invraisemblables à fait croire possible.
Ce qui les étonna, le plus, c'est qu'ils eussent été si dociles ; car tous ont été dignes de lui, et ils ajoutent que c'est là qu'ils ont bien vu que ce ne sont pas seulement les grandes opiniâtretés, les grands desseins, les grandes témérités qui font le grand homme, mais surtout cette puissance d'y entraîner et d'y soutenir les autres.
»
Ricard en éclaireur
«
Ricard et ses quinze cents soldats étaient en tête, Ney les lance contre l'armée ennemie, et dispose le reste pour les suivre. Cette division plonge avec la route dans le ravin, en ressort avec elle, et y retombe écrasée par la première ligne russe.
»
Ney lance l'offensive
«
Le maréchal, sans s'étonner, ni permettre qu'on s'étonne, en rassemble les restes, les forme en réserve et s'avance à leur place. Il ordonne à quatre cents illyriens de prendre en flanc gauche l'armée ennemie; et lui même avec trois mille hommes, il monte de front à cet assaut. II n'a point harangué: il marche, donnant l'exemple, qui, dans un héros, est de tous les mouvements oratoires le plus éloquent, et de tous les ordres les plus impérieux. Tous l'ont suivi. Ils ont abordé, enfoncé, renversé la première ligne russe, et, sans s'arrêter, ils se précipitaient sur la seconde; mais, avant de l'attendre, une pluie de fer et de plomb est venue les assaillir. En un instant Ney a vu tous ses généraux blessés, la plupart de ses soldats morts; leurs rangs sont vides, leur colonne déformée tourbillonne, elle chancelle, recule et l'entraîne.
»
Les troupes débandées se reforment
«
Ney reconnaît qu'il a tenté l'impossible, et il attend que la fuite des siens ait mis entre eux et l'ennemi le ravin qui désormais est sa seule ressource: la, sans espoir et sans crainte, il les arrête et les reforme. Il range deux mille hommes contre quatre-vingt mille; il répond au feu de deux cents bouches avec six canons, et fait honte à la fortune d'avoir pu trahir un si grand courage.
»
L'inertie prudente de Kutusof
«
Mais alors ce fut elle, sans doute, qui frappa Kutusof d'inertie. A leur extrême surprise, ils ont vu ce Fabius russe, outré comme l'imitation, s'obstinant dans ce qu'il appelait son humanité, sa prudence, rester sur ses hauteurs avec ses vertus pompeuses, sans se laisser, sans oser vaincre, et comme étonné de sa supériorité. II voyait Napoléon vaincu par sa témérité, et il fuyait ce défaut jusqu'au vice contraire.
Il ne fallait pourtant qu'un emportement d'indignation d'un sein des corps russes pour en finir; mais tous ont craint de faire un mouvement décisif: ils sont restés attachés a leur glèbe avec une immobilité d'esclaves, comme s'ils n'avaient en d'audace que dans leur consigne, et d'énergie que leur obéissance. Cette discipline, qui fit leur gloire dans leur retraite, à fait leur honte dans la nôtre.
Ils avaient été longtemps incertains, ignorant quel ennemi ils combattaient; car ils avaient cru que de Smolensk, Ney avait fui par la rive droite du Dniepr, et ils se trompaient, comme il arrive souvent, parce qu'ils supposaient que leur ennemi avait fait ce qu'il aurait dû faire.
»
L'offensive des 400 Illyriens
«
En même temps, les Illyriens étaient revenus tout en désordre; ils avaient eu un étrange moment. Ces quatre cents hommes, en s'avançant sur le flanc gauche de la position ennemie, avaient rencontre Cinq mille Russes qui revenaient d'un combat partiel avec une aigle française et plusieurs de nos soldats prisonniers.
Ces deux troupes ennemies, l'une retournant sa position, l'autre allant l'attaquer, s'avançaient dans la même direction et se côtoyaient, en se mesurant des yeux, sans qu'aucune d'elles osât commencer le combat. Elles marchaient si près l'une de l'autre que, du milieu des rangs russes, les Français prisonniers tendaient les mains aux leurs, en les conjurant de venir les délivrer. Ceux ci leur criait de venir vers eux, qu'ils les recevraient et les défendraient; mais personne ne fit le premier pas. Ce fut alors que Ney, culbuté, entraîna tout.
»
L'âme tranquille
«
Cependant Kutusof, plus confiant dans ses canons que dans ses soldats, ne cherchait à vaincre que de loin. Ses feux couvraient tellement tout le terrain occupé par les Français, que le même boulet qui renversait un homme du premier rang, allait tuer, sur les dernières voitures, les femmes fugitives de Moscou.
Sous cette grêle meurtrière, les soldats de Ney étonnés, immobiles, regardaient leur chef, attendant sa décision pour se croire perdus, espérant sans savoir pourquoi, ou plutôt, suivant la remarque d'un de leurs officiers, parce qu'au milieu de ce péril extrême ils voyaient son âme tranquille et calme comme une chose à sa place. Sa figure était devenue silencieuse et recueillie ; il observait l'armée ennemie, qui, défiante depuis la ruse du prince Eugène, s'étendait au loin sur ses flancs pour lui fermer toute voie de salut.
»
Le coup de force audacieux a échoué !
Les troupes françaises sont décimées. La marge de manœuvre est maintenant encore plus faible.
Le Maréchal Ney va-t-il accepter enfin l’issue raisonnable ?
Vous le saurez prochainement en lisant l’épisode (5/7), intitulé « La grande évasion »
Rédigé le 22/02/2006 à 13:38 dans Feuilletons | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Dilemme délicat cette semaine ...
Comment concilier les deux événements majeurs de l'actualité : La ligue des champions et la parution des nouveaux épisodes du feuilleton "le miracle de Krasnoïé".
Afin de ne pas endiguer l'élan national, j'ai décidé de ne pas publier le nouvel épisode (4/7), le même jour que le match de lyon. Sage et patriotique décision.
Je m'en voudrais de réduire les parts d'audience de notre bien aimée première chaîne nationale, ou bien de troubler la préparation des joueurs lyonnais fans d'histoire (si ! si ! il y en a).
Donc ce nouvel opus paraîtra mercredi midi. Oui je sais ... pourquoi écraser de cette terrible concurrence le match chelsea-barcelone. Et bien, la France d'abord ... môssieur ...
Ce qui n'empêche pas de souhaiter aux méchants descendants de Wellington de s'enliser (eux aussi) dans le bourbier espagnol.
Et a fortiori contre Barcelone, cet ancien bastion français, longtemps administré par le Maréchal Suchet, jusqu'en Avril 1814.
Rendez-vous donc demain mercredi 22 février vers midi pour l'épisode 4 du "Miracle de Krasnoïé" intitulé "Le bouchon de Krasnoïé". Je vous encourage à suivre cet épisode "hollywoodien", quasi "Schwarzeneggerien", tant il regorgera de bastons, et de testostérone. Le taux de mortalité à la seconde dépassera le record de "Total recall" et rendra vos "shoot them up" favoris, mielleux...
Mais, chut ... j'en dis trop, là !
Bon foot, bonne chance pour Lyon et Barcelone.
Rédigé le 21/02/2006 à 13:00 dans A venir | Lien permanent | Commentaires (13) | TrackBack (0)
Les héros ne meurent jamais. Quelque soient les circonstances de leur disparition, aussi limpide soit elle, la légende s'empare d'eux.
Le maréchal Ney ne fait pas défaut à cette règle :
Il y a bien sûr sa tombe officielle à Paris, au cimetière du « Père Lachaise », dans la 29ème division, au croisement du chemin des Acacias et du chemin Masséna.
Mais on lui prête aussi une deuxième sépulture, celle de sa deuxième vie, celle de Peter Stuart Ney. Cette sépulture se trouve dans le cimetière de l'église Presbytérienne de « Third Creek » près de Cleveland, en Caroline du Nord, aux Etats-Unis. Je reviendrai certainement dans un autre article sur le bien-fondé de cette légende.
Pour les nécrologues passionnés, voici quelques clichés de ces deux sépultures.
Ci-contre, deux clichés de la tombe de Ney au Père Lachaise
Notez les inscriptions quasiment effacées sur la façade. On peut à peine y lire la biographie qui y est inscrite
Cette tombe a été construite en 1903 pour doter le Maréchal Ney d'un sépulture bien plus décente que la simple dalle qui le recouvrait jusque là. Cette tombe est souvent fleurie et visitée.
Ci-contre, une photo du mausolée de brique rouge, assez moche d'ailleurs, qui a été construit pour protèger la tombe de Peter Stuart Ney au cimetière de « Third Creek » près de Cleveland. Le mausolée est surmonté d'un petit drapeau français et de ce texte mystérieux : "In memory of Peter Stuart Ney, a native of France and soldier of the French Revolution under Napoleon Bonaparte, who departed this life November 15, 1846, aged 77 years". Cette tombe fait l'objet de la curiosité de nombreux visiteurs.
Voici quelques liens intéressants sur Peter Stuart Ney :
http://www.wcl760.com/peterstuartney.html par un passionné anglophone.
http://library.davidson.edu/archives/ency/ney.asp par l'université de Davidson en Caroline du Nord.
Rédigé le 20/02/2006 à 14:10 dans Monuments | Lien permanent | Commentaires (10) | TrackBack (0)
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